Ici commence le GR20

20 oct

12 jours. C’est ce qu’il m’a fallu pour boucler le GR20. C’est ce qu’il m’a fallu pour parcourir les 180 kilomètres qui séparent Calenzana de Conca. J’ai écris pendant cette poignée de jours, pour oublier le moins possible ce séjour peu commun pour moi. Pas autant que j’aurai aimé mais les quelques mots gribouillé peuvent être déclencheurs de souvenirs multiple. Je ne vais pas vous raconter mot à mot mon aventure, mais vais surtout en profiter pour vous donner quelques conseils qui peuvent vous être pratiques.

  • Arrivés à Calvi

    Nous sommes donc arrivés relativement tôt à Calvi après une petite heure passée dans l’avion. Sur le topo guide il était indiqué qu’un bus desservait Calenzana, mais point du tout. Nous avons donc opté pour le taxi pendant que d’autres ont préféré faire du stop. Les taxis ont l’habitude et proposent un forfait de 35€ pour le trajet et les bagages. Calenzana est une vraie ville. Vous y trouverez du ravitaillement, des bonbonnes de gaz (interdit en avion, même en soute), des distributeurs et évidemment l’entrée au GR20. Une fois la tente bien installée, le sac vérifié une dernière fois, nous sommes allés nous prendre de quoi petit déjeuner au SPAR du coin pour le lendemain matin et retirer l’équivalent de 800€.

    La ville vaut de prendre le temps de la visiter, de flâner dans ses rues et prendre un bon repas avant le grand départ. Profitez des spécialités Corse, il y a de quoi se faire plaisir. Nous avons opté pour le restaurant « Le GR20″, par principe. Pour ma part j’ai opté pour leur cannelloni au brocciu et mon homme au burger GR20. De vrais touristes. A l’unanimité, nous avons choisit le fondant à la châtaigne, cœur chocolat avec sa glace de brocciu. Le tout agrémenté d’une Pietra bien fraîche. Parfait ! Maintenant il est temps d’aller se coucher, car le lendemain le réveil est réglé sur 5h!!

    Conseil : Sachez que la plus part des restaurants proposent une formule : repas du soir + petit déj’ dès 5h pour une vingtaine d’euros à condition de réserver la veille. Ou de prendre uniquement le petit déj’ pour 5€ seulement. Nous regrettons de ne pas l’avoir vu plus tôt.

  • Calenzana – Ortu Di U Piobbu : 5h30 de marche

    Les inconvénients en tente peuvent être : le sol, le temps, les voisins. Notre première nuit a été longue et courte à la fois. Bien que couchés à 21h30, un ronfleur professionnel nous a maintenu éveillé. Rajoutez à ça le vent qui secoue la tente et la chaleur étouffante ça vous donne une nuit compliquée et un réveil difficile. L’excitation nous a s’en doute permis de ne pas ressentir la fatigue, et le temps de remballer notre matériel, de manger et de rejoindre le point de départ du GR, nous avons mit notre premier pas sur le sentier à 7h05 !

    Les premiers pas servent d’échauffement et au bout d’1h30 de marche commence le GR20 comme on le connait. L’ascension devient difficile avant de se transformer en escalade. De loin nous apercevons le refuge mais il reste encore une belle heure de marche. De toute manière rien ne sert de se presser, il n’ouvre qu’à 14h, le temps d’avoir bien faim. L’idéal dans ces cas là est de monter la tente et de prendre sa douche.

    Nous ne voulions pas doubler l’étape bien qu’arrivaient tôt. Nous ne savons pas comment nous allions récupérer. Mieux vaut y aller en douceur. D’ailleurs nous avons bien fait car le taboulet n’est pas passé et j’ai été malade toute la fin d’après midi. Peut-être ai je attrapé un coup de chaud.

    Conseil : Sachez que l’eau n’est pas chauffée et provient de la source donc de la montagne. N’attendez pas la soirée pour vous débarbouiller, vous risquez d’avoir très froid. Autre avantage, plus vous la prendrez tôt et moins vous ferez la queue. Les frileux, pensez à prendre un gant. Moi qui ne pouvais pas mettre mon corps sous le jet d’eau, avec un gant j’aurai pu plus facilement nettoyer mon ventre, mes aisselles etc…

  • Ortu Di U Piobbu – Carrozzu : 6h30 de marche

    Cette étape est superbe. Elle nous fait monter à 2020 mètre d’altitude. Après avoir quitté le flan côté mer, nous voilà en face à face avec les montagnes. Je me sens toute petite. J’ai envie de rejoindre les rapaces qui volent pour profiter de leur vue, de leur sensation, de leur légèreté. Nous étions entouré d’un silence étonnant parfois interrompu par le son des cloches que portent les chèvres autour du cou, ou le coulis des cascades. Superbe. Par certains endroits il faut grimper avec les mains, mais jusque là rien d’effrayant. Il faut faire attention dans les descentes où il y a beaucoup de caillasses, les pieds dérapent facilement, mais heureusement les bâtons permettent de freiner notre descente et de diminuer les impacts.

    Conseil : Si vous arrivez tôt sur ce site, profitez d’aller vous promener un peu plus loin vers la prochaine étape, une fois la tente montée. Vous pourrez vous baigner dans une piscine naturelle pour vous délasser de la marche.

  • Carrozzu – Ascu : 4h30 de marche

    Cette troisième étape, en plus des deux premières, nous a bel et bien confirmé que le GR20 n’est pas une simple balade de santé adressée à tout public. Beaucoup d’escalade durant cette étape qui demande de gros efforts aux cuisses, genoux et fessiers. Après deux belles heures de marche nous faisons face à un mur de caillasses où nous n’avons pas fait nos fiers. D’accord la vue en valait la peine, comme à chaque fois, mais la barre énergisante était le bienvenue aussi. Comme nous avions bouclé l’étape en 4h30 au lieu de 6H10 comme indiqué dans le topo, nous voulions enchaîner avec la prochaine, mais le cagnard nous en a dissuadé. Nous en avons profité pour faire un peu de ravitaillement : papier toilette, pansements, mueslies et pasta. A Ascu vous trouverez beaucoup de choses, même des fruits.

    Conseil : Pensez à prendre des pansements mais aussi du strap. Les pansements bougent avec les mouvements et la transpiration. Le strap leur permet de rester maintenu. Dès que vous sentez un échauffement sur une partie de votre pied, mettez un strap pour éviter que ça ne se transforme en ampoule. Des ampoules sanguinolentes peuvent vous empêcher de marcher.

  • Ascu – Tighjettu : 5h40 de marche/ Tighjettu – Ciottudu di i Moru : 3h40 de marche

    Malade du ventre toute la nuit, je me suis levée motivée pour retourner me coucher. Mais non, le cirque de la solitude nous attendait. Le chemin qui mène vers ce fameux cirque est en faux plat donc simple mais fatigant pour moi qui était déjà sans force. Le vent, le froid, la grisaille ne m’ont pas aidé à positiver. Mon sac me paraissait intransportable. Heureusement mon homme m’a allégé de mon duvet et après une courte pause « barre énergisante », j’ai retrouvé ma pêche. Je ne sais pas si c’est mon corps qui rouspétait de fainéantise face à l’effort, mais j’ai eu raison de lui et n’ai plus été malade du séjour. Après deux heures de marche peu agréable, nous voilà face au cirque de la solitude. Les nuages gris qui les surplombaient, lui donnaient un air macabre. Il faut beaucoup de prudence tant pour la descente que pour la montée. Comptez une heure pour chacun des versants. Mais c’est une vraie excitation de se trouver là, si proche de la roche. A refaire avec une vue dégagée car il parait qu’entre les montagnes, au bout, on aperçoit la mer.

    Nous sommes arrivés relativement tôt au refuge de Tighjettu. L’endroit ne nous plaisait pas, il faisait froid en plus de ça. Alors nous avons préféré repartir après un repas pâtes/thon/compote, pour la seconde étape. Sachez qu’il faut être en forme pour enchaîner deux étapes. La dernière heure m’a paru sans fin, mais c’était sans regret car le refuge était bien plus beau et nous avions une belle sensation d’avancée. Par contre nous sommes arrivés tard, donc pas de douche. Il faisait trop froid et nous avions très faim.

    Conseil : Si vous ne souhaitez pas doubler l’étape 4, quittez Tighjettu et avancez encore d’une quarantaine de minutes en empruntant la route du GR20 et vous tomberez sur une bergerie adorable, calme, bien plus agréable à mon goût. Un petit ruisseau la traverse. J’adore! Les hôtes sont intéressants et très ouverts si vous vous donnez la peine de discuter avec eux. Vous y mangerez autre chose que ce qui est habituellement proposé dans les gîtes.

  • Ciottulu di i Mori – Manganu : 10h30 de marche

    Cette étape est la plus longue du parcours. Heureusement le chemin est plat, roulant et très beau. Ne flânez pas comme nous avons pu le faire car vous n’en verrez pas le bout. Prévoyez de l’eau à foison quand vous partez car la source pour vous ravitailler n’est pas à côté. Le début de ce sentier est magnifique. Verdoyant, calme, superbe. Au bout de deux heures de marche nous tombons sur une bergerie où il est possible de prendre une douche chaude pour 2€, de se baigner dans une piscine naturelle et de manger de bons sandwiches Corses. Un petit paradis. Nous en avons profité pour nous prélasser un peu et manger nos sandwiches. Notre petit déjeuner représentait qu’une barre protéinée, du coup nous avions faim.

    Une heure plus tard, une route bétonnée nous rappelle que la ville n’est pas si loin que ça. Vous y trouverez un hôtel, un bivouac et de quoi vous ravitailler comme il faut en nourriture et produits d’hygiène. Après le reste de l’étape est long. Magnifique mais long. La douche du soir est la bienvenue même si glaciale. Nous rencontrons d’autres personnes, adorables, avenantes et nous nous demandons si ceux que nous avons laissé derrière nous arriveront jusqu’au bout. Nous avons quitté un groupe de belge qui allait s’arrêter à l’hôtel car l’un d’eux était malade, un autre couple, trop chargé n’allait pas aller très loin, un papa abandonné car son fils s’est abîmé la cheville… les premiers abandons. Nous croisons les doigts pour ne pas être les prochains.

    Conseils : Vous pouvez découper votre parcours autrement que comme le propose le topo-guide. Vous pouvez faire 3 étapes en 2 jours par exemple en dormant dans les bergeries ou bivouac non GR20. Ce qui évite de trop vous fatiguer en enchaînant 2 étapes.

  • Manganu – Petra Piana : 5h45 de marche/ Petra Piana – Bergerie de Tola : 2h50 de marche

    Nous partons à la fraîche ce matin là. Deux énormes montées nous flinguent les jambes. La première nous accueille dès le réveil, à la sortie du gîte. Il fait frais mais nous transpirons beaucoup. Nous arrivons relativement tôt à Petra Piana. Le site est adorable, verdoyant, calme et il fait un beau soleil. Il n’y a pas encore grand monde alors nous nous tâtons d’y rester dormir. Nous nous accordons une belle pause d’une heure. J’en profite pour aérer mes petons tout transpirant. Après un bon repas composé d’un lyophilisé (immangeable) et d’une tablette de chocolat, je suis dans un état de somnolence intensif. Mais mon homme me motive tant bien que mal et nous voilà repartit pour une seconde étape. Je ronchonne intérieurement quelques temps, puis je reprends le rythme de la marche.

    Pendant le repas nous rencontrons un couple qui nous indique une bergerie à 2h30 de marche. Elle est au pied d’une énorme montée qui mène à Onca. Le bivouac y est interdit mais nous tentons notre chance. Si nous sommes en grande forme, nous affronterons la montée sinon on ira sonner à la bergerie. Les propriétaires sont adorables et nous décidons d’y rester manger et dormir. Nous prenons des affaires de change et allons patauger dans la rivière en attendant l’heure du repas. Encore une fois nous sympathisons avec d’autres randonneurs avec qui il sera bien agréable de partager quelques apéro.

    Conseil : Profitez des pauses pour aérer vos pieds, les masser si besoin, changer vos chaussettes si elles sont mouillées et soigner les parties échauffées. Si vous avez un point d’eau à disposition, les baigner peut permettre de les faire dégonfler et relancer la circulation sanguine. Il est important de bichonner ses pieds. Sans eux vous n’irez pas bien loin.

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    La rivière peut parfois remplacer la douche…

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    Pour les phobiques des lézards, ne choisissez pas la Corse pour destination !

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    L’amabilité du cirque de la solitude.

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    Le nord touche à sa fin. Nous avançons.

    See U !!

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