La Bretagne par le GR34

8 juil

C’est avec pas mal de recul que je vous parle aujourd’hui de mon mini périple sur le GR34. Bientôt un mois déjà que j’ai posé mon premier pas sur ce long, très long, sentier de randonnée qui parcours la côte bretonne. Nous étions parti pour 10/12 jours de marche avec nos 10 et 15 kilos de sac sur le dos. Objectif : faire une partie de la côte d’émeraude, c’est à dire la partie nord-est allant du Mont St Michel à Saint Brieuc. Même pas peur !!

    Samedi 6 juin

Le réveil sonne à 5h20. L’horreur ! Le bus décolle dans 1h15, et il y a mille choses à faire : l’épilation, la douche, le petit déj’, les sandwiches, la vaisselle, retirer les sous … L’heure tourne et nous sautons dans le bus direction la gare, puis le rer, le métro, le train, le bus et à 13h nous voilà enfin devant le Mont St Michel. On est naze de tous ces transports qui nous on fait traverser une belle partie de la France. On s’assoit sur des marches pour dévorer notre repas. Les ventres sont vides depuis 6 heures ce matin. Nous nous tâtons : visiter le Mont St Michel après s’être installé dans un camping ou attaquer le GR34. Tout deux avions déjà pris du temps par le passé, à visiter l’attrape touristes, alors nous partirons après quelques photo lointaines.

Le parcours est un peu barbant : plat, linéaire. Et la vue n’évolue que par le Mont St Michel qui rapetisse derrière nous. Les sacs sont lourds et j’ai rapidement mal aux épaules. Le corps n’est pas content et mon esprit visualise tout mon matériel, listant ce qui pourrait virer rapidement à la poubelle si je me vois trop peiner sous le poids du sac.

Nous marcherons tout de même 13 kilomètres jusque Roz-sur-Cresson. Pour y accéder il faut passer par les terres. Sinon vous pouvez continuez par la côte grâce à une variante. Mais nous ne voulions pas prendre les variantes. A 18h00 nous posons les sacs dans un petit camping bien charmant. Après une bonne douche chaude, nous nous offrons une petite crêpe au restaurant du camping mais un poil sous ma crêpe et un caillou dans celle de mon acolyte nous rebute pour prendre un dessert. On retiendra le mini « excusez-nous » et l’esquive du responsable pour venir nous encaisser. Evidemment ne comptez pas sur un dessert offert, qu’on aurait refusé de toute manière.

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Le Mont St Michel dans toute sa splendeur.

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Les premiers chemins sont tous identiques : linéaires, plats et sans fin.

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    Dimanche 7 juin

Après une bonne nuit de récupération nous repartons de bonne heure. Le corps crie un peu quand on remet les sacs sur le dos. Le mien me parait intransportable. Mon acolyte m’allège des fruits secs et des amandes et on décolle tranquillement. A quelques pas du départ, une belle côte bien corsée nous attend. Les jambes sont mises au pas. Nous traversons beaucoup de forêt et de petits cours d’eau adorables surplombés de ponts de bois. On se croirait dans une forêt enchantée. J’adore !! Nous finissons par arriver à Riskof, petit village en fête où nous nous ravitaillons dans une supérette et dans une boulangerie.

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Notre prochaine étape : le Mont Dol, petit frère du Mont St Michel. Allé c’est parti ! Quelques kilomètres plus loin on se trouve un coin ombragé où il sera bien agréable de déjeuner notre casse coûte : fromage, jambon pour lui, pain, salade du pêcheur, fruits secs… On mange, on papote, on est bien tous les deux, là, sans personne autour. On sent le vent frais, on entend les oiseaux qui gazouillent et les fourmis nous grimpent dessus, nous assiègent de partout les gourmandes. Mes orteils sont en éventails pour prendre un peu l’air et profiter d’un massage de remise en forme avec de la crème NOK. J’aime repartir les pieds au sec, dégonflés, frais et dispo.

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Des curieuses croisées au hasard des chemins.

Après 35 minutes de repos, il est temps de repartir. Un site mégalithique nous attend, mais nous ne saurons jamais où. Nous ne le trouvons pas et le poids sur les épaules nous dissuade de perdre du temps à le chercher. Tant pis pour nous.

Un peu plus tard un peloton nous barre le passage. Il y a du monde partout. Ha oui c’est dimanche aujourd’hui !! Allé on applaudit et on décolle. Le Mont Dol n’est plus très loin et le chemin est barbant. Beau mais barbant. J’ai envie d’arriver, de poser le sac, de boire un Perrier bien frais avec une rondelle de citron, de m’affaler dans un lit et basta…ne plus bouger.

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Le Mont Dol est plutôt joli, charmant même. Il faut monter un petit peu pour atteindre le « centre ville ». On s’arrête à la première terrasse qui se présente à nous. On aperçoit un parasol rouge de loin. Ca sera notre repère pour la trouver.
Je pose mon sac, soulagée et engloutit mon Perrier bien frais. La rondelle y passe aussi.

Que faire ? Il est relativement tôt. On décolle ? On reste et on visite ? On dort à l’hôtel ? On part à la recherche du camping ? La serveuse nous dit que le camping est à 5 kilomètres plus bas. Ouah 5 kilomètres cet après-midi + 5 kilomètres demain matin pour retrouver le GR34. Est ce que ça vaut vraiment la peine de perdre du temps à faire ces 10 kilomètres inutiles ? Bon grimpons à la cime du Mont Dol pour goûter et réfléchir.

Le Mont Dol est superbe. Très charmant à visiter avec sa vue à couper le souffle, sa haute tour et son moulin. Il y a du monde. Beaucoup de monde. Trop pour moi, pour lui. Et puis c’est bon, on a vu ce qu’il y avait à voir. Les gens sont tous bien habillés. Ils ont pris leur voiture pour admirer la vue. Peu se sont donnés la peine de monter à pied le Mont. D’ailleurs peu semble être adepte de sport. C’est dommage. On s’engloutit une tablette de chocolat avec du pain frais. Notre jauge de points de vie revient dans le vert. Allé on repart. 1h20 de marche n’aura pas raison de nous. Alors direction Hirel !

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Arrivés à Hirel nous voilà bien embêté : pas de camping… Les chambres d’hôtes sont fermées ou complètes. Nous marchons, marchons, marchons. Une dame nous propose de nous emmener en voiture à la prochaine ville, mais nous refusons. Au pire nous planterons notre tente dans un terrain vague. Après 30 bornes dans les pattes je suis rincée. Une des hôtesse d’un gîte nous donne un numéro de téléphone. J’appelle et enfin, je dégote une chambre. Allé plus que 2 kilomètres. Au final nous aurons une maison à nous tout seul. Ce soir là c’est douche et arnica à volonté. Le repas sera lyophilisé. Le restaurant du coin n’est pas bien loin, mais je ne pourrais pas faire un pas de plus. Je suis rincée et me mettre à table ne me dis rien. J’ai juste envie d’engloutir un repas consistant.

    Lundi 8 juin

Ajoutez 15,5 kilomètres à mon compteur !

Ce jour là, pour récupérer un peu de celle de la veille, nous avons prévu une courte distance. La première heure est difficile. Mon sac me semble toujours aussi lourd, et mon esprit focalise sur ce que je devrais retirer. Je me dis qu’à la prochaine grande ville il y aura une poste. De là je mettrai dans un carton ce qui me semble inutile et j’enverrai le tout chez moi. Je veux retirer : un short, deux tee-shirt, une lampe, un bouquin (pourtant léger), une brassière, ma doudoune sans manche. Rien d’extraordinaire mais presque 800 grammes d’inutile. Ca parait peu, mais c’est beaucoup.

La journée est belle, ensoleillée mais venteuse. Les habitants se plaignent beaucoup de ce vent frais. Enfin nous avons commencé à avoir du dénivelé. Le plat commençait à être barbant. Les chemins deviennent intéressants, ombragés, sinueux. Nous sommes revenus sur la côte et profitons d’une vue incroyable sur la mer. Nous apercevons toujours le Mont St Michel, devenu ridiculement petit. Notre arrivée à Cancale fût une des premières étape de la journée. Nous y avons vu beaucoup de monde qui flânait près du port. L’heure du déjeuné approchait et les restaurants étaient bondés. Manger semble être l’activité principale des vacanciers. Leurs rondeurs nous font penser que marcher ne doivent leur servir qu’à digérer leur 2h de repas.

A Cancale, les friands d’huîtres peuvent se faire plaisir. Il y a des étales entières d’huîtres, prêtes à être dévorées. J’ai vu un groupe de personnes en acheter des bourriches et les manger, assis au port, les pieds qui pendent au dessus de la mer. Ils les éventraient, les mangeaient et jetaient la carcasse dans le port. Cette scène était assez dure à voir. De loin ça ressemblait à un carnage même. Mais ça c’est ma sensibilité végétarienne.

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Petit coup de cœur pour ce château qui surplombe la mer.

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1h30 de pause plus tard, nous avons décidé qu’il n’y avait rien pour nous à Cancale. Alors nous avons rendossé les sacs et sommes partis de là. En chemin, nous avons croisé un retraité avec qui nous avons discuté. Il faisait ses chaussures pour une future grande randonnée au Mont Blanc. Il nous expliquait qu’il ne chargeait jamais son sac, que c’était bien trop difficile de porter 10 kilos. Là dessus nous étions d’accord avec lui. Le plaisir et le challenge n’est pas dans le fait de porter du lourd. c’est contraignant, frustrant car le sac nous freine dans notre avancée, nous casse le corps aussi et parfois l’esprit quand ça devient difficile. Il est vrai qu’on s’éclaterai plus avec le minimum, mais pour cela il faudrait dormir en gîte ou maison d’hôte. Le budget vacances en prendrait un coup. D’un autre côté, il nous serait possible de faire plus de kilomètres par jour… A voir pour les prochains treks. En attendant nous ne sommes plus très loin du camping. Le vent est violent, froid. Après une bonne bière fraîche avalée au seul bar ouvert, nous rentrons manger notre dernier repas lyophilisé dans la tente. Demain nous verrons si nous poussons jusque Saint Malo ou non.

    Mardi 9 juin

Nous nous levons, bien décidé à ne pas trop pousser. Mais comme nous voulons toujours plus et ne savons pas dire stop, nous finirons la journée à Saint Malo. Incorrigibles !!

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Après un énième petit déjeuner trop sucré : pain, confiture, chocolat chaud nous reprenons la route. Nous nous sommes endormis vers 21h30 la veille. Nous sommes frais et dispo pour cette nouvelle étape. Nous nous objectivons Rothéneuf à 16 petits kilomètres de notre point de départ. Le parcours est vraiment superbe, très sauvage et toujours la mer qui nous accompagne. Etant donné le vent, les vagues sont assez violentes et l’eau froide. Le vent est froid et la polaire n’est pas de trop. Mon acolyte a les lèvres éclatées de partout et la peau de mon visage est rouge et me tiraille.

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Into the wild…ça devait servir pour les gardes côtes

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Nous nous trouvons un petit restau « la perle noire » à Guimorais pour manger. Il est déjà 14h00 et l’estomac crie famine. Les fruits secs ne le calme plus. Le restaurant parait assez chic. Nous faisons tache avec nos gros godillaux, nos sacs énormes et notre odeur corporelle plus que limite. Après le repas, c’est assez difficile de se remettre en selle. Rothéneuf n’est plus très loin. Dans une petite heure, je pourrais me promener tranquillement sur la plage. La ville est superbe, impressionnante. Les maisons semblent gigantesques. Celles qui longent la plage ont leur accès privée. C’est calme. Il n’y a que des maisons secondaires et les vacanciers ne sont pas encore arrivés. Nous cherchons le camping, mais en vain. Il est fermé. Le second n’accueille que les camping-car. La seule maison d’hôte que nous trouvons est hors budget. Rothéneuf est très bourgeois.

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Après réflexion, nous décidons de continuer sur le GR34. Le chemin finira bien par croiser un hôtel, une maison d’hôte, un camping, un terrain vague… Et c’est le cas. L’idée était bonne, mais nous voilà arrivés à Saint Malo. On se dégote une jolie petite chambre où nous y passerons plusieurs jours. J’ai toujours voulu visiter cette ville et m’y voilà enfin. Nous nous penchons sur nos 83,5 km passés et décidons de prendre du bon temps en ville, flâner tous les deux le long des rues, manger des crêpes et se lever à pas d’heure.

Nos vacances de randonneurs s’arrêteront là cette année, mon acolyte aillant mal au dos surtout et souhaitant faire quelques plongées. La prochaine fois qu’on remettra un pied sur le GR34, ça sera en sac à dos light pour pouvoir avancer plus et mieux. Marcher reste un réel plaisir mais la contrainte des sacs à dos lourds l’est beaucoup moins. Je suis d’accord que se coucher et se lever en tente n’a pas le même délice que celui d’être en chambre, mais sur un parcours comme le GR34, ça ne change rien.

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Et bonnes vacances à tous !

See U !!

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